jeudi 21 mars 2019

URGENT. ALERTE. Généralisation du vaccin « GARDASIL® » : Réponse aux « 50 sociétés savantes »


Il n’était point prévu de dévoiler une partie des éléments que le CTIAP, du centre hospitalier de Cholet, envisage de présenter au public lors de la réunion d’information indépendante prévue le 23 mai 2019, à 19h30. Cette réunion porte sur le thème « Vaccin GARDASIL® : permet-il de prévenir le cancer du col de l'utérus ? Quel est son rapport bénéfice/risque ? ».

Mais, la situation nous semble être devenue inquiétante voire urgente.

Cette urgence est créée par ce que nous lisons, depuis hier, dans la presse ; par cette façon de faire. Hier, 20 mars 2019, Le Figaro publie un article intitulé : « L’appel de 50 sociétés savantes pour la vaccination contre le cancer du col de l’utérus ».
Aujourd’hui, Le Moniteur des pharmacies publie un article sous le titre : « Papillomavirus : 50 sociétés savantes appellent à une généralisation de la vaccination chez les filles et les garçons ».
Cette vaccination est qualifiée d’« universelle ».
N.B. : nous n’avons pu lire l’intégralité des contenus de ces articles (payants en ligne).

« À chacun aujourd’hui de prendre ses responsabilités ». Peut-on lire dans les premières lignes de l’article du FIGARO (ci-dessus mentionné).

Alors que le sujet est complexe, dans l’urgence, la communication nous invite à la concision. Alors, sans attendre ladite rencontre prévue dans environ 2 mois, nous souhaitons porter à la connaissance du public (nos lecteurs) quelques indices en attendant de pouvoir développer, de façon pédagogique et analytique, tous les arguments en notre possession. Ces indices puisent leurs sources dans des documents publiés par notamment la Haute autorité de santé (HAS) d’une part, et par la revue indépendante Prescrire d’autre part.

Au moins deux avis de la Commission de la Transparence de la HAS à dix ans d’intervalle : 2017 et 2007, accessibles sur le site internet de la HAS

Avis du 13 septembre 2017

« (…) Compte-tenu :
-     de l’efficacité de GARDASIL dans la prévention des lésions précancéreuses de haut grade dues aux HPV 6, 11, 16 et 18,
-     du faible surcroit d’efficacité de GARDASIL 9 par rapport à GARDASIL, limité aux HPV additionnels 31, 33, 45, 52 et 58 (réduction absolue de l’incidence de 0,2 pour 100 personnes-années à 43 mois de suivi),
-     des incertitudes concernant l’efficacité qui sera obtenue en termes de prévention des cancers dans les populations recommandées en France,
La Commission considère que GARDASIL 9 n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport à GARDASIL dans la prévention des lésions ano-génitales précancéreuses et cancéreuses liées à certains HPV (…), dans les populations recommandées (…) ». (Pages 23 et 24)

Il y a lieu de distinguer l’efficacité sur les lésions et les infections de l’efficacité sur les cancers. Ce n’est pas la même chose.

« GARDASIL 9 contient donc cinq génotypes d’HPV additionnels (31, 33, 45, 52, 58) par rapport au vaccin GARDASIL qu’il est destiné à remplacer. » (Page 4)

Environ dix ans plus tôt : Avis du 18 avril 2007

« (…) Considérant d’autre part :
-     (…) ;
-     Que, en France, le cancer du col utérin est le 8ème cancer chez la femme et la 15ème cause de décès par cancer ;
-     Que le pic d’incidence du cancer du col utérin se situe à 40 ans ;
-     Que l’âge médian de découverte de ce cancer est de 51 ans en France ;
-     Que le nombre annuel de décès liés à ce cancer a diminué entre 1980 et 2000 [soit avant la commercialisation de ces vaccins] passant, selon les données des registres du cancer, de 1941 décès en 1980 à 1004 décès en 2000 ; en 2002 ce nombre a été estimé à 904 décès ;
-     Que l’incidence du cancer du col utérin a diminué de façon parallèle ;
-     (…) » (Page 13)

Mars 2018 : Avis de la revue indépendante Prescrire

« Début 2018, un effet en termes de prévention des cancers génitaux n’est pas démontré. » ;

« Début 2018, l’efficacité des vaccins papillomavirus en prévention des cancers du col de l’utérus reste hypothétique ».

D’autres sources sont disponibles.

Par conséquent,

Ces vaccins ne peuvent remplacer le dépistage du cancer du col de l’utérus chez les femmes.

Comme l’illustre notamment notre article du 22 février 2018, « ne pas pouvoir accéder à une information indépendante » constitue « la première des pauvretés et des inégalités » ; « L’information et le consentement » sont un « droit » et une « liberté fondamentale » respectivement ; cette information doit être « loyale, claire et appropriée » en vue d’obtenir un « consentement libre et éclairé » comme cela est consacré par le Code de la santé publique.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), dans les récentes « Bonnes pratiques de pharmacovigilance », rappelle les règles d’une « communication » portant « sur la sécurité d’emploi des médicaments » :

« La communication (…) est claire et adaptée aux destinataires (…) ; est présentée de manière objective et non trompeuse ; présente toujours le risque en perspective du bénéfice attendu ; fait état des éventuelles incertitudes ; (…) ».

Aucune « société savante », aucun regroupement, pas même une association de patients, n’est à l’abri des liens et des conflits d’intérêts de ses membres.

Rappel : L’absence de déclaration des liens et conflits d’intérêts sanctionnée par l’Ordre des médecins

Concernant ce point, nous vous renvoyons à notre article publié, le 7 décembre 2018, sous le titre : « Vaccins. La sanction d’un pédiatre, n’ayant pas déclaré ses « liens d’intérêts », par l’Ordre des médecins : une première ».

Une position de Madame la Ministre des solidarités et de la santé

Que penser lorsque même Madame la Ministre des solidarités et de la santé déclare sur BFMTV : « Un vaccin obligatoire (…) il n’y a pas d’effets secondaires » ?

Conclusion

Cette vaccination (GARDASIL®, GARDASIL 9®, CERVARIX®…) ne peut devenir obligatoire.

Telle est la position que nous considérons comme responsable.








mardi 19 mars 2019

« Affaire LÉVOTHYROX® ». Le « ressenti du patient » réhabilité par la HAS : il est un des critères d’évaluation du traitement


Et voilà, peut-être, une reconnaissance que certains patients attendaient depuis un certain temps dans notamment l’« affaire LÉVOTHYROX® ». Cet aveu émane d’une autorité ad hoc.
Ce mardi 19 mars 2019, la Haute autorité de santé (HAS) vient réhabiliter le « ressenti du patient ». Ce dernier est appréhendé comme étant l’un des critères d’évaluation du rapport bénéfice/risque du traitement. Il est considéré comme étant un « point majeur » lors de la décision thérapeutique et le suivi du traitement. La parole des patients doit être prise en compte. L’équilibre est rétabli au sein de ce colloque singulier qui caractérise la relation, asymétrique, entre le médecin et le patient. L’invitation à un dialogue de qualité est claire. Et cette intervention de la HAS rappelle aux professionnels de santé leurs devoirs tout en interrogeant les recommandations actuelles concernant la prise en charge des troubles thyroïdiens.
En effet, dans un Communiqué de presse daté d’aujourd’hui, la HAS publie un document intitulé : « Hypothyroïdie : 10 messages courts pour promouvoir des traitements utiles et adaptés ». Dans ce document, elle constate que « le diagnostic et le traitement des patients restent à améliorer ». Elle rappelle « dix points clefs d’une prise en charge pertinente des patients atteints d’hypothyroïdie ». Et surtout, elle souligne « l’importance d’instaurer un réel dialogue avec le patient pour prendre en compte son ressenti, ses symptômes ainsi que ses données cliniques et biologiques ». Relevons que ce « ressenti » occupe la première place de cette citation. De même, ce travail de la HAS invite les professionnels de santé, et notamment les médecins généralistes et les endocrinologues, à « renforcer leurs connaissances sur l’hypothyroïdie » et à « améliorer le dialogue avec les patients pour choisir avec eux les examens et les traitements les mieux indiqués dans leur cas ». Il s’agit bien d’une personnalisation du traitement et de son adaptation au cas par cas. Ce qui nous éloigne de la classique approche générale fondée sur un raisonnement statistique au niveau de la population. Le médecin « instaure avec son patient un dialogue de qualité » insiste la HAS.
Par ailleurs, des recommandations « complètes » sur les dysthyroïdies sont en préparation selon ce Communiqué. Curieusement, la HAS envisage de puiser ses sources notamment dans les recommandations établies, en Grande-Bretagne, par le NICE (The National Institue for Health and Care Excellence). Ce qui pourrait laisser croire que, en France, ces recommandations seraient inexistantes, incomplètes, inopérantes, ou de mauvaise qualité ?
Enfin, la HAS vient ainsi confirmer nos écritures précédentes dont voici un extrait (un exemple) :
« Un médicament peut rendre service aux patients (rapport bénéfice/risque favorable) alors que son mécanisme d’action (c’est-à-dire comment il agit) n’est pas connu.
À l’inverse, un mécanisme d’action, aussi séduisant soit-il, peut donner naissance à un médicament sans intérêt clinique, voire à un médicament dangereux (rapport bénéfice/risque défavorable).
Donc, une formule peut être fabriquée de façon parfaite. Et en même temps, elle pourrait ne pas convenir à certains patients. Sans pour autant pouvoir expliquer ce fait.
Les données de la recherche ne sont pas toujours totalement transposables à tous les Hommes (femmes et hommes).
L’évaluation d’un médicament ne se fait réellement que lors de la pratique clinique. Ce qui compte avant tout, c’est l’effet du médicament chez le patient : son bénéfice, et ses risques éventuels.
Tous les effets indésirables ne pourraient nécessairement trouver une explication. Alors, écoutons et entendons la souffrance exprimée par les patients. »



Pour plus d’informations, lire nos précédents articles en date du : 25/08/2017 ; 13/09/2017 ; 15/09/2017 ; 10/10/2017 ; 14/10/2017 ; 22/10/2017 ; 10/11/2017 ; 24/11/2017 ; 02/02/2018 ; 09/03/2018 ; 15/05/2018 ; 18/05/2018 ; 23/05/2018 ; 09/07/2018.








lundi 18 mars 2019

Non, le pharmacien n’est pas le médecin. « La prescription pharmaceutique » : un dangereux glissement de tâche, une nouvelle imprudence


« Les députés autorisent les pharmaciens à délivrer certains médicaments vendus jusqu’ici sur ordonnance ». Tel est le titre de l’article publié le 14 mars 2019 par le journal Ouest-France. C’est cette même Assemblée nationale qui a rejeté, il y a encore quelques semaines, la proposition de loi contenant « des mesures d’urgence contre la désertification médicale » ; une proposition qui consiste à « réguler l’installation de médecins et de les répartir harmonieusement sur le territoire national ». Pour remédier à cette répartition déséquilibrée des médecins sur le territoire national, ces députés veulent donc faire du pharmacien un « prescripteur ».
Cette idée s’apparente à un glissement de tâche. Elle nous semble imprudente voire dangereuse. Elle vient s’ajouter à d’autres glissements de tâches, illégaux, entre professionnels de santé.
En tant que pharmacien, cette autorisation m’est, pour le moins, incompréhensible. Je ne peux m’aventurer dans une telle voie. Car, la « prescription » est un acte qui relève de la compétence du médecin. Cette « prescription » est un acte connecté au diagnostic que, seul, le médecin est habilité à faire. Selon le code de la santé publique, le pharmacien « doit s’abstenir de formuler un diagnostic sur la maladie au traitement de laquelle il est appelé à collaborer » (article R.4235-63). Je ne souhaite pas participer à cette dévalorisation d’un acte médical aussi déterminant dans le traitement efficace et sécurisé d’une pathologie.
Pour tenter de nous rassurer, les inventeurs de cette idée nous expliquent que cette « prescription pharmaceutique » ne concernerait « que des pathologies bénignes ». Or, un tel argument nous paraît profondément perturbé sur le plan intellectuel. Car, établir le caractère « bénin » d’une pathologie est le résultat d’un diagnostic dûment conclu par le médecin : ce constat est la conséquence du diagnostic et non pas le déclencheur de ce diagnostic. Ce dernier ne peut être établi que par un professionnel de santé ayant consacré de nombreuses années à étudier notamment comment établir les diagnostics différentiels entre diverses pathologies distinctes par des interfaces subtiles et dont certaines sont en apparence bénignes. Le pharmacien, lui, a consacré autant d’années d’études à la connaissance du médicament sous ses différentes facettes. D’ailleurs, notre livre intitulé « Médicament : recadrage. Sans ton pharmacien, t’es mort ! » met en évidence le métier premier du pharmacien tel qu’il est consacré par l’article R.4235-48 du code de la santé publique : un rôle que nous considérons comme étant le « corps de la solution » pour sécuriser le circuit du médicament ; et non pas pour « jouer au médecin ou à l’infirmier ».
Les promoteurs de cette idée essayent également de nous rassurer en mettant en avant un « protocole mis en place par la Haute autorité de santé (HAS) » qui pourrait guider le pharmacien lors du diagnostic. Or, concernant l’évaluation des guides de cette HAS, seulement 6% sont jugés « intéressants » par notamment la revue indépendante Prescrire. Celle-ci considère que ce « qualificatif de "haute autorité" n’est toujours pas justifié ». Environ 21% de ces guides ont même « des défauts majeurs ou susceptibles de nuire à la qualité des soins » selon cette même revue.
Par ailleurs, celui qui prescrit ne devrait pas être celui qui dispense (qui vend). Une telle séparation des pouvoirs nous semble la plus prudente, la plus efficiente et la plus éthique.
« Aucune consultation médicale ou vétérinaire ne peut être donnée dans l’officine. Cette interdiction s’applique aussi aux pharmaciens qui sont en même temps médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme ou vétérinaire » (article R.4235-66 du code de la santé publique).
Le code de la santé publique garantit la sécurité et la protection du public. Il invite le médecin et le pharmacien au dialogue. Il répartit le rôle de chacun de ces deux acteurs du circuit du médicament en fonction de leurs compétences respectives. Il ne saurait être détourné pour répondre à des intérêts catégoriels et aux désirs des uns et des autres. Agissons sur les causes du problème et évitons de dénaturer les professions de santé.
Pour résoudre le problème de fond, pourquoi ne pas conditionner l’inscription à la faculté de médecine à une nouvelle règle non rétroactive : l’encadrement de l’installation des futurs médecins. Un jeune bachelier, qui est en désaccord avec cette règle, n’est nullement obligé de devenir médecin : un métier investi d’une mission de service public et que l’on choisit, avant tout, par conviction.
Le pharmacien ne devrait pas ignorer non plus ses responsabilités, dont la responsabilité pénale, en pareilles circonstances. « Souvent, je m’éprouve moi-même lorsque je pense à ma responsabilité pénale ! Ainsi s’exclame le pharmacien Homais dans la plus célèbre des œuvres de Gustave Flaubert, Madame Bovary. » (La responsabilité pénale du pharmacien, Ordre national des pharmaciens).
Si le pharmacien accepte cette banalisation du diagnostic médical, il ne faudrait alors pas s’étonner de voir un centre commercial, tel que le magasin Leclerc, prétendre pouvoir réaliser l’acte de dispensation pharmaceutique.

Chacun son rôle, chacun sa place. Mais, ensemble. Pour la qualité et la sécurité des soins ainsi que pour la maîtrise des coûts.








vendredi 8 mars 2019

« Vaccin GARDASIL® ». Réunion d’information destinée au public : Jeudi 23 mai 2019, 19h30, centre hospitalier de Cholet


Faisant suite à notre annonce en date du 16 janvier 2019 concernant la Quatrième réunion d’information indépendante destinée au public et qui porte sur le thème suivant : « Le vaccin GARDASIL® permet-il de prévenir le cancer du col de l’utérus ? Quel est le rapport bénéfice/risque du GARDASIL® ? », nous vous communiquons, dans le document ci-dessous, des éléments complémentaires : date, heure, lieu, intervenants…

Une inscription est conseillée.









lundi 18 février 2019

Une invitation aux Rencontres INFOCOM’ – Toulouse, 7ème édition : « Les lanceurs d’alertes »


La septième édition des Rencontres INFOCOM’ est prévue le 21 février 2019 à Toulouse.

Cette année, le thème retenu concerne « Les lanceurs d’alerte ».

Une intervention est prévue sur « Les lanceurs d’alerte dans le milieu médical ». Une invitation nous est chaleureusement adressée. Cette table ronde est constituée par les intervenants suivants : Brigitte Sebbah, Annie Notelet (association UPGCS : Union pour la Prévention et la Gestion des Crises Sanitaires), Professeur Romain Gherardi, Docteur Gérard Bapt, Docteur Amine Umlil.

Pour plus d’informations :

Programme : cliquer ici

Article d’Ouest-France du 15 février 2019








vendredi 15 février 2019

Cinéma, documentaire et débat. « Demain, tous crétins ? » : une introduction à la connaissance des perturbateurs endocriniens (un compte-rendu)


Comme annoncé, et notamment par Ouest-France (cf. article ci-dessous), le 12 février 2019, nous nous sommes retrouvés au cinéma de Beaupréau, une petite ville située dans le Maine-et-Loire à quelques kilomètres de Cholet. La séance s’est déroulée en trois temps : la projection du film « Demain, tous crétins ? » ; une intervention ; puis un échange avec le public. Ces quelques lignes viennent résumer les points forts de cette intervention concernant les perturbateurs endocriniens. D’ailleurs, le 15 janvier 2019, la presse faisait état de la stratégie des pouvoirs publics dans ce domaine : les professionnels de santé seraient en premier ligne sur cette question.
Dans ce documentaire, une scientifique affirme notamment ceci : « (…) Nous sommes dans une situation critique où il faut écouter les scientifiques. (…) L’industrie chimique peut s’adapter [aux] régulations. L’industrie peut innover et produire des molécules non toxiques. Sinon ? Sinon, nous allons probablement assister à la disparition de la structure la plus sophistiquée que l’évolution n’a jamais créée : le cerveau humain. (…). »
Ce film aborde aussi le lien entre la carence en iode et le crétinisme (avec une hypothyroïdie et un volumineux goitre).
Pour s’inscrire dans le prolongement de ce documentaire, il y a lieu de souligner que le déficit en iode constitue l’une des causes les plus fréquentes d’hypothyroïdie dans le monde. Dans certains pays d’Afrique et d’Amérique du Sud, certains aliments, tels que le manioc, aggravent cette carence iodée. C’est dire que la nature, elle-même, peut nous réserver parfois quelques surprises. Mais, là, il est question de centaines, voire de milliers, de substances chimiques créées par l’Homme. Des substances qui menacent l’harmonie de la santé humaine notamment.

Le cerveau n’est pas le seul organe menacé

« Sinon, nous allons probablement assister à la disparition de la structure la plus sophistiquée que l’évolution n’a jamais créée : le cerveau humain. (…) » peut-on entendre dans ce documentaire.
Or, les perturbateurs endocriniens menacent d’autres organes. Avec le temps, l’inquiétude s’est étendue aux troubles de la reproduction, à l’obésité, au diabète de type 2, aux troubles du comportement, etc.. Il nous semble important de rappeler certaines étapes qui ont permis l’identification de ce risque toxicologique si particulier. Notre exposé se limite au système reproducteur : le modèle le plus étudié.
Force est de constater que l’Homme n’est pas le seul concerné. Ce risque toxicologique a aussi un impact sur la faune sauvage. La perception de ce risque n’a d’ailleurs été possible que grâce au rapprochement des observations effectuées dans la faune sauvage de celles constatées dans l’espèce humaine.

Des observations dans la faune sauvage

Nous sommes à la première moitié du 20ème siècle. De nombreuses substances chimiques commencent à être utilisées dans l’industrie et dans l’agriculture. Ce que la faune sauvage n’apprécie guère.

Des oiseaux : un « Printemps silencieux »

La première alerte pourrait dater de 1962. Une biologiste américaine (Rachel Carson) publie un livre ainsi titré : Silent spring (Printemps silencieux). Dans plusieurs régions des États-Unis d’Amérique (USA), les oiseaux ne chantaient plus au printemps. Leur disparition alerte. Ce signal est corrélé avec la détection de résidus de pesticides synthétiques dans le sol, les rivières, la faune, chez l’Homme. La biologiste qualifie la menace de « volcan assoupi » dans la mesure où ces substances liposolubles (solubles dans l’huile) ont un pouvoir d’accumulation dans différents organes tels que les glandes surrénales, les testicules, la thyroïde…
La menace atteint d’autres animaux.

Des femelles de gastéropodes marins

Dans de nombreuses eaux côtières (USA, Royaume-Uni, France, Alaska, Asie du Sud-Est), les femelles de Gastéropodes marins acquièrent des caractères sexuels masculins. Ce qui provoque un déclin de cette population.
L’agent responsable est identifié en 1980. Il est utilisé dans les peintures anti-salissures pour bateaux : le TBT (tributylétain). Ce TBT a révélé des propriétés anti-estrogéniques.
La question de l’action délétère, sur le système endocrinien, de substances dotées de propriétés hormonales suscite de plus en plus l’intérêt des chercheurs.

Des alligators femelles et mâles

En Floride, trois ans après la contamination du lac Apopka par des effluents agricoles et par des polluants, il est observé une baisse significative du nombre de jeunes alligators peuplant ce lac. Ailleurs, la situation est normale.
Dans ce lac pollué, une concentration d’estradiol élevée et des malformations ovariennes sont relevées chez les femelles. Alors que chez les mâles, des pénis anormalement petits et de faibles taux de testostérone sont observés.
Cette pollution est due notamment au DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) dont les propriétés insecticides sont révélées dès 1938. C’est le premier de la famille des organo-chlorés utilisés en agroalimentaire.

Des poissons

Dans les eaux polluées par des rejets d’usines de pâte à papier ou de stations d’épuration, il est noté notamment une baisse des fonctions sexuelles, une féminisation des mâles. Dans ces eaux, plusieurs substances sont identifiées :

-     PCB (polychlorobiphényles) : une famille de plus de 200 composés utilisés, dès 1930, dans l’industrie électrique du fait de leur thermo-résistance et leur caractère non inflammable ;
-     Pesticides organo-chlorés (ci-dessus mentionnés) ;
-    Alkylphénols : utilisés dans divers secteurs industriels et dans des produits de grande consommation (cosmétique, nettoyants, peintures, etc.).

Des aigles pêcheurs

Une équipe suédoise démontre un lien entre la capacité de reproduction de ces aigles et le niveau des organo-chlorés mesuré dans leurs œufs.

Des mouettes

Dans différents endroits de la côte Ouest des USA, les mouettes se féminisent. L’agent responsable est le DDT.

Autres populations d’oiseaux

Les pélicans, les cormorans, les faucons, etc. sont également touchés par les effets néfastes du DDE (dichlorodiphényldichloroéthylène).

Des mammifères aussi : des loutres, des visons, des phoques, des ours

Les mammifères ne sont pas épargnés non plus. Des troubles de la reproduction sont enregistrés dans différents endroits : Europe, région des grands lacs d’Amérique du Nord, Mer baltique, région arctique… Les substances identifiées sont : PCB, dioxine, DDT…
Les scientifiques observent un pouvoir élevé de bioaccumulation et de biomagnification (ou bioamplification, ou bioconcentration : la matrice (telle que l’ours) devient plus contaminée que son propre environnement).
Parallèlement à ces constats relevés dans la faune sauvage, plusieurs événements signent l’alerte dans l’espèce humaine.

Parallèlement : des observations dans l’espèce humaine

Dès les années 1970, la nocivité des substances chimiques ayant des propriétés hormonales est découverte. Ces produits peuvent entraîner des maladies chez les hommes, les femmes, les enfants. Ils peuvent altérer les fonctions de reproduction. L’affaire du diéthylstilbestrol (DES ; DISTILBÈNE®) devient le modèle humain témoignant des conséquences graves possibles des substances chimiques dotées d’une activité estrogénique. Nous avons déjà présenté ce médicament, à titre d’exemple historique, lors de la troisième réunion d’information indépendante destinée au public ; réunion organisée le 22 novembre 2018 par le CTIAP du centre hospitalier de Cholet. Pour résumer cette affaire, il s’agit d’un médicament qui était utilisé dans plusieurs indications en gynécologie : fausses couches, acné, pilule du lendemain, cancer de la prostate, etc.. En 1971, une équipe de Boston émet l’hypothèse d’un lien entre ce médicament, pris pendant la grossesse, et la survenue, à l’âge de 15 ans à 22 ans, d’adénocarcinomes du vagin chez les filles nées de ces grossesses. La confirmation d’une fréquence élevée de malformations de l’utérus chez ces jeunes filles sera faite plus tard. Et les garçons ne sont pas épargnés non plus, même si leur cas était moins étudié.
Par ailleurs, d’autres affaires sont enregistrées. Elles concernent deux substances proches du DDT.
Le mirex (toxique sur la faune aquatique, tératogène, cancérogène) est interdit aux USA en 1976.
Un an plutôt, des travailleurs dans une usine de production de la Chlordécone (KEPONE®), usine située en Virginie, développent des atteintes neurologiques et testiculaires. Ce produit révèle, lui aussi, des propriétés estrogéniques. L’usine sera fermée. L’utilisation de ce produit, contre notamment le charançon du bananier, sera interdite en 1977.
Ces observations génèrent une inquiétude qui va s’étendre à toutes les substances chimiques environnementales ayant des propriétés hormonales.
Ce danger commun à la faune et à l’Homme est l’amorce des travaux initiés dans ce domaine.

Les perturbateurs endocriniens : un danger commun à la faune sauvage et à l’espèce humaine ; un domaine encore flou

Les connaissances des perturbateurs endocriniens restent encore relativement floues. Une telle incertitude est palpable à travers notamment les multiples définitions qui cherchent à décrire ce qu’est un perturbateur endocrinien ; ce qu’est un perturbateur endocrinien potentiel ; etc. :

« Une substance exogène qui entraîne des effets délétères sur un organisme vivant ou sa descendance résultant de changements dans la fonction endocrine. » 1996

« Un perturbateur endocrinien potentiel est une substance qui possède des propriétés qui pourraient conduire à une perturbation endocrinienne. »

« Une substance exogène qui interfère avec la production, la sécrétion, le transport, le métabolisme, la liaison, l’action ou l’élimination des hormones naturelles responsables de la maintenance de l’homéostasie et de la régulation des processus de développement. » 1997

Etc.

« Un perturbateur endocrinien est une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations. » OMS (organisation mondiale de la santé), 2002

« Un perturbateur endocrinien potentiel est une substance ou un mélange exogène, possédant des propriétés susceptibles d’induire une perturbation endocrinienne dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations. » OMS (organisation mondiale de la santé), 2002

Lors de cette intervention, les mécanismes d’actions possibles, un peu techniques et relativement pointus, des perturbateurs endocriniens ont été expliqués.

La fin de l’exposé a été consacrée à la présentation du cas soulevé, il y a juste quelques jours, par plusieurs mamans qui ont alerté le CTIAP. Cette alerte, transmise à la pharmacovigilance, concerne « Des bébés exposés au BHT ». Notre réflexion sur ce sujet est disponible sur ce même site (article publié le 2 février 2019).

Enfin, cette rencontre s’est poursuivie par un échange avec le public.




Article d’Ouest-France du 24 janvier 2019









mardi 5 février 2019

HYPERTHYROÏDIE. Médicaments contenant du Carbimazole ou du Thiamazole (synonyme : methimazole) : Risque de pancréatite aiguë ; et de malformations congénitales en cas de prise pendant la grossesse


Une « Lettre » est transmise, ce jour (5 février 2019), « aux professionnels de santé » sous l’autorité de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle alerte sur deux risques concernant les deux médicaments suivants utilisés dans le traitement des hyperthyroïdies : Carbimazole (NÉO-MERCAZOLE®) et Thiamazole (THYROZOL®).

Le Carbimazole, une fois administré, est métabolisé et donne naissance au Thiamazole. Ce dernier agit en bloquant la production des hormones thyroïdiennes.

Les deux risques signalés sont :

Un risque de pancréatite aiguë

Des cas de pancréatite aiguë ont été rapportés après un traitement par l’un de ces médicaments. L’alerte indique qu’« en cas de pancréatite aiguë, le traitement doit être immédiatement interrompu ». Et « les patients concernés devront bénéficier d’une autre alternative thérapeutique après une évaluation au cas par cas du rapport bénéfice/risque ».
Le CTIAP recommande aux patients concernés de se rapprocher de leurs médecins.
Une nouvelle exposition peut entraîner une récidive de cette pancréatite aiguë, avec un délai d’apparition écourté. Pour cette raison, ces médicaments « ne doivent pas être administrés à des patients ayant des antécédents de pancréatite aiguë suite à la prise de carbimazole/thiamazole » précise cette alerte ; une nouvelle exposition peut menacer « le pronostic vital ». Un « mécanisme immunologique » est suggéré pour tenter d’expliquer la survenue de cet effet indésirable. Bien qu’en réalité, le mécanisme de cet effet indésirable soit « mal connu ».

Un risque de malformations congénitales en cas d’administration pendant la grossesse : recommandation renforcée concernant la contraception

Cette alerte rappelle que « l’hyperthyroïdie chez la femme enceinte doit être traitée de façon adéquate afin d’éviter la survenue de graves complications maternelles et fœtales ».

Cette lettre indique :

- De nouvelles données issues d’études épidémiologiques et de cas rapportés confirment que le carbimazole/Thiamazole est susceptible de provoquer des malformations congénitales en cas d’administration pendant la grossesse, en particulier au cours du premier trimestre et à des doses élevées. Parmi les malformations rapportées figurent : aplasie cutanée congénitale (absence d’une partie de la peau (souvent localisée au niveau de la tête)) ; malformations cranio-faciales (atrésie choanale, dysmorphisme facial) ; anomalies au niveau de la paroi abdominale et du système gastro-intestinal (exomphalocèle, atrésie de l’œsophage, anomalie du canal omphalo-mésentérique) et communication inter-ventriculaire.

- Les femmes en âge de procréer doivent utiliser une contraception efficace pendant le traitement par carbimazole/Thiamazole.

- Le carbimazole/Thiamazole ne doit être administré pendant la grossesse qu’après une évaluation rigoureuse au cas par cas du rapport bénéfice/risque et uniquement à la plus petite dose efficace possible, sans ajout d’hormones thyroïdiennes. Leur utilisation pendant la grossesse doit être réservée aux situations pour lequelles un traitement définitif (thyroïdectomie, traitement par iode radioactif) de la maladie sous-jacente n’était pas adapté avant la grossesse et en cas d’apparition ou de réapparition de la maladie au cours de la grossesse.

- Si le carbimazole/Thiamazole est administré au cours de la grossesse une surveillance étroite de la mère, du fœtus et du nouveau-né doit être mise en place.

Cette alerte informe que le résumé des caractéristiques du produit (RCP) et la notice des spécialités pharmaceutiques contenant du Carbimazole/Thiamazole seront modifiés en conséquence.