dimanche 13 mars 2016

Livre "Effets secondaires, le scandale français" : un bref commentaire d'un pharmacien


Cher Maître Antoine BÉGUIN, Avocat
Cher Monsieur Jean-Christophe BRISARD, Journaliste
Chère Madame le Docteur Irène FRACHON, Médecin Pneumologue (participante)

 

Comme vous le savez, seule une petite distance sépare nos lieux d’exercices respectifs. J’ai donc l’honneur de vous soumettre un bref commentaire, des interrogations, suite à la parution jeudi dernier de votre livre sur les médicaments intitulé « EFFETS SECONDAIRES, LE SCANDALE FRANÇAIS ».

Il semblerait que des alpinistes adultes de sexe masculin, qui prenaient du sildénafil (commercialisé sous le nom de VIAGRA®), auraient constaté non seulement l’amélioration attendue de l’érection de leurs pénis, mais également leurs capacités respiratoires lors de l’effort. (« Non remb Séc soc. » selon le Vidal® 2015)

Et voilà comment ce même médicament, le sildénafil, commercialisé par le même laboratoire pharmaceutique, cette fois, sous un autre nom (REVATIO®), aurait obtenu une nouvelle indication dans l’hypertension artérielle pulmonaire chez les patients adultes ; et même chez les enfants et adolescents âgés de 1 an à 17 ans. (« Prise en charge à 100% » selon le Vidal® 2015)

Elle n’est pas belle la vie ?

Tout ça pour dire qu’un effet « secondaire » (side effect) d’un médicament n’est pas nécessairement nocif.

D’où mon étonnement à la seule lecture du titre de votre ouvrage : « EFFETS SECONDAIRES, LE SCANDALE FRANÇAIS ». Un livre que je viens de parcourir rapidement.

Vous voulez sans doute parler plutôt d’effet « indésirable » (adverse effect, adverse drug reaction) qui est, lui, obligatoirement nocif et non désiré.

Entre effet « secondaire » et effet « indésirable », la nuance est subtile. Ces deux notions ne peuvent se confondre. Elles ne sont pas fongibles.

D’ailleurs, en matière de pharmacovigilance, le code de santé publique parle plutôt d’ « effet indésirable » (Cf. notamment l’article R.5121-152). Le résumé des caractéristiques du produit (RCP ; notamment dans le Vidal®) mentionne également une rubrique « effets indésirables ».

« Imaginons par exemple un médicament initialement prescrit dans le domaine de la cardiologie. Puis, au décours de son utilisation, on découvre que ce produit est capable de faire pousser les cheveux. Ceux qui ne supportent pas leur calvitie seraient ravis. Et ce médicament basculerait de la cardiologie vers le cuir chevelu. Il migrerait du comprimé ou de l’ampoule vers le shampooing. »(1) C’est un autre exemple réel. Madame le docteur Irène FRACHON pourrait vous aider à identifier le médicament visé.

Vous évoquez « le « parcours du combattant » de la victime ». Juste à côté de vous, à Angers notamment, l’inacceptable s’est produit. Demandez à la presse de publier notamment ma lettre ouverte adressée, en décembre 2015, au Conseil constitutionnel et celle envoyée, il y a quelques jours, à Monsieur le premier Président de la cour d’appel. Un journaliste angevin ayant fait le même constat que le mien à propos notamment des audiences à huis clos qui se tiennent à Angers. Même le résultat du dernier délibéré a été rendu à huis clos : il concerne mes deux questions prioritaires de constitutionnalité (QPC) contestant notamment un nième huis clos.

Certains Magistrats notamment angevins, aidés par certains avocats, veulent opérer à « bas bruit » ; une justice secrète, une justice de cave. Ils évitent le regard du citoyen, usager et contribuable. Ils rendent pourtant la justice au nom du Peuple Français. La robe a sacrifié les patients, et leur pharmacien responsable de la pharmacovigilance et de la coordination des vigilances sanitaires, un praticien hospitalier à l'« apparence arabo-musulmane », qui a fini par alerter le procureur général dès 2007. La robe a soutenu des pratiques délictuelles voire criminelles. Comme le montrent les pièces du dossier, indépendantes et réglementaires en tout premier lieu, la robe a protégé une délinquance en col blanc et en blouse blanche. Elle a même permis à un membre de la bande de penser qu'il pouvait prétendre au statut de « victime ». (Cliquer ici)

Les vrais Magistrats seraient « en souffrance » selon un rapport de l’Union Syndicale des Magistrats (Cliquer ici). Les inspecteurs du travail, de santé publique, médecins et pharmaciens, seraient dans la même situation d’après un rapport ministériel sur les agences régionales de santé (Cliquer ici).

Serions-nous toujours dans un Etat de droit ?

Que voulez-vous dire par cette affirmation : « Si le médicament est disponible en pharmacie, un deuxième protagoniste entre en scène : le pharmacien. » ? Est-ce une hypothèse qui laisserait supposer que le médicament pourrait être disponible ailleurs que dans une pharmacie ? Que le pharmacien n'aurait qu'un rôle secondaire dans ce domaine ?

Je pourrais ainsi continuer à vous faire état des réflexions que m’inspire votre livre. Mais, j’ai promis d’être bref. Je vous invite alors à redécouvrir notamment le contenu de mon premier blog ouvert depuis 2012, si vous le souhaitez. (Cliquer ici) 

Et surtout, l’ignorance, notamment par la presse nationale, de l’ouvrage paru en septembre 2013(1) ne permet pas un débat public utile et contradictoire. Cet ouvrage a pourtant été accueilli par la presse professionnelle ; à l'exception, peut-être, de celle réservée aux médecins. Il propose, à mon sens, la seule solution qui nous reste pour sortir de cette caricature : « (...) Il est temps d'envisager un autre regard, sous un autre angle de vue. (...) Je ne pense pas me tromper beaucoup en disant que c'est le médecin et le pharmacien qui permettent d'établir la rencontre physique entre le patient et le médicament. S'il n'est ni prescrit, ni dispensé, le médicament ne servira plus à rien. Il sera inoffensif. Sans le consentement du médecin et du pharmacien, un médicament, quel qu'il soit, ne pourrait nous nuire. (...) ».

Des voix sont plus audibles que d’autres. Sur quel(s) critère(s) ? Le nom ? Etre spécialiste du médicament, être pharmacien, rendrait-il la réflexion invisible ? Le pharmacien serait-il indésirable ? Les patients, et les patients potentiels, défendus par un pharmacien mériteraient-ils moins de soutien que ceux défendus par un médecin ?

La création, l’été dernier au centre hospitalier de Cholet, du centre territorial d’information indépendante et d’avis pharmaceutiques (CTIAP) est l’un des éléments de cette solution que je propose depuis 2007. Un service pharmaceutique de proximité érigé par un hôpital public. Une idée, une initiative, qui est encore négligée notamment par la presse nationale destinée au grand public. (Cliquer ici)

Restant attentif à une éventuelle réponse de votre part,

Je vous prie de bien vouloir recevoir, Maître Antoine BÉGUIN, Monsieur Jean-Christophe BRISARD, Madame le Docteur Irène FRACHON, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 
 

(1)     « Médicament : recadrage. Sans ton pharmacien, t’es mort ! » : (Cliquer ici) et (ici)












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